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 Well we were good, when we were good (Abe)

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MessageSujet: Well we were good, when we were good (Abe)   Ven 4 Mar - 21:50



□ □ □
Am I the greatest bastard that you know ?
The only one who let you go ?
The one you hurt so much you cannot bear ?

Le voyagement entre Salt Lake City et Cody avait été long et pénible. Alors que la décision de revenir temporairement dans sa ville natale pour confronter son mari (son futur ex-mari, se rappelait-elle fréquemment, comme pour se convaincre) avait été prise sur un coup de tête, les deux heures de vol jusqu'au Yellowstone Regional Airport de Cody lui avait laissé amplement le temps de se questionner sur l'impact qu'aurait son retour. Que craignait-elle le plus, la haine qu'Adriel manifesterait peut-être ou, au contraire, l'épanouissement que lui procurait sa vie depuis les dix dernières années ? Quelle attitude devait-elle adopter, la colère de la femme trompée et blessée qu'elle avait été ou la froideur polie de l'inconnue qu'elle était maintenant ? Plusieurs heures après son départ de Salt Lake City, alors qu'elle posait ses bagages dans le hall d'entrée de la maison de sa sœur, Bianca n'avait trouvé réponse à aucune de ces interrogations. Au contraire, chaque minute passée loin de l'appartement douillet qui était le sien depuis dix ans lui faisait douter du bien fondé de son retour dans cette ville. Et elle n'était vraisemblablement pas la seule à remettre en question la raison de sa venue. L'accueil de sa sœur avait été chaleureux, mais il ne s'était pas écoulé une heure depuis l'arrivée de Bianca que déjà son aînée lui déconseillait de mettre son projet à exécution. Visiter Adriel ne servirait à rien, soutenait Juliet, et passer de nouveau par l'entremise de son avocat serait un choix plus judicieux. Fidèle à elle-même, Bianca se borna à lui répéter qu'il était trop tard, qu'elle s'était déplacée uniquement pour cette raison, et se garda bien de lui faire part de l'angoisse qui étreignait son cœur à l'idée de revoir celui avec lequel elle s'était imaginé fonder une famille.

Elle était à Cody depuis moins de trente-six heures lorsqu'elle se résolut à quitter la chambre d'amis où elle logeait pour se présenter chez Adriel. Il lui fallu les indications de sa sœur pour trouver cette maison qu'elle ne connaissait pas, dans des rues qui ne lui étaient aujourd'hui plus familières. À plusieurs reprises, elle vérifia le papier que lui avait remis Juliet pour s'assurer d'être devant la bonne maison, face à laquelle elle s'immobilisa. Stoïque, elle détailla la façade et dû se faire violence pour ne pas imaginer ce qu'aurait été la vie si cette maison avait été la leur, leur foyer, le nid qu'elle avait autrefois rêvé de partager avec lui. En quelques pas, elle se retrouva devant la porte d'entrée sur laquelle est frappa sèchement. L'espace d'un instant, la possibilité qu'une femme lui ouvre la porte la figea sur place, le poing levé vers la porte, mais elle n'obtint que le silence en réponse. La maison était manifestement vide, signe qu'Adriel (et son éventuelle compagne) était sans doute au travail. Bianca envisagea retourner chez sa sœur, mais un coup d'œil à sa montre lui confirma que l'après-midi était déjà bien entamé et qu'il valait mieux attendre. Plus vrai encore, si elle venait à quitter le porche de la maison, elle doutait avoir jamais la volonté d'y revenir.

Dépitée, Bianca glissa l'enveloppe qu'elle tenait en main et qui contenait les papiers du divorce dans son sac à mains et, à court de meilleure idée, s'assit sur une des marches qui menaient à la porte d'entrée. Elle n'aurait pu dire combien de temps s'écoula sans qu'elle ne bouge de son poste d'attente – une heure, peut-être – quand le bruit d'un moteur qui avançait dans l'allée lui fit lever les yeux. Elle demeura parfaitement immobile, les yeux rivés sur la portière qui s'ouvrit finalement pour découvrir Adriel. Il ne suffit que d'un regard échangé pour que Bianca prenne conscience de l'ampleur de la mauvaise décision qu'elle avait prise, celle de revenir, celle de l'attendre sur le pas de sa porte comme une surprise de mauvais goût. À défaut du sourire poli qu'elle s'était convaincu de lui adresser, elle eut comme seul réflexe de détourner les yeux, se levant prestement de la marche sur laquelle elle était assise comme si on venait de la surprendre en flagrant délit. « C'est Juliet qui m'a donné ton adresse. » fut la première phrase qui traversa son esprit, et elle regretta aussitôt de paraître à ce point sur la défensive dès les premières secondes. « C'est une jolie maison. » Une autre phrase vide qu'elle lança au hasard, mais dont elle profita pour poser de nouveaux ses yeux sur Adriel. Elle avait envie de partir, de lui cracher sa blessure des dernières années et de fuir jusqu'à Salt Lake City. Il lui fallait toutefois s'en tenir au plan : rester calme, rester polie, obtenir cette foutue signature qu'elle n'était même plus certaine de désirer et quitter. « Je ne te dérangerai pas longtemps. »
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MessageSujet: Re: Well we were good, when we were good (Abe)   Sam 5 Mar - 1:16


Well we were good, when we were good
Where were you ? When everything was falling apart. All my days spent by the telephone. It never rang, and all I needed was a call. The Fray.




Son apprenti allait le rendre dingue. Avec ce maudit caractère, il lui rappelait... lui. Et ce n'était pas forcément un compliment, lorsque l'on connaissait Adriel, mais surtout son passif. Il s'était longtemps demandé ce qu'il avait pu faire pour que sa femme puisse dire que sans leur bébé, ils n'étaient plus rien. Mais pour l'instant, c'était surtout de Skylar dont il était question, et il maudissait celui qui avait eu la mauvaise idée de lui coller ce type dans les pattes. Peut-être qu'il finirait par devenir un bon rangers, mais en attendant, il avait surtout l'impression d'être le professeur d'un gamin récalcitrant. Lui avait réalisé des études assez poussées, en dehors de ces connaissances héritées de son peuple, de ces heures passées dans la nature, et il n'ignorait pas que certains ignoraient la qualification qui était la sienne, qu'il était capable de parler de la faune et de la flore avec la justesse d'un scientifique qui se fout de passer ses journées dans un laboratoire. Sa belle famille n'avait jamais compris qu'être un Rangers, c'était plus que crapahuter dans la nature. Plus que ce simple plaisir qui avait poussé Adriel à s'accrocher à des études assez compliquées. Skylar avait décidé de passer la case études et de se lancer directement dans le métier. Volonté louable, mais qu'il accepte les conseils !

Il n'était donc pas mécontent d'avoir fini sa journée et de rentrer chez lui. Son cheval semblait lui aussi avoir envie que celle-ci se termine, et guidait son maître et complice avec l'habitude de deux vieilles connaissances qui venaient de passer un moment bien trop long ensemble. Aussi, il grimpa sans même rechigner dans le box accroché au 4x4 d'Adriel pour gagner sa destination pour la nuit et profiter de ce repos bien mérité que les deux complices s'imaginaient déjà. La route fut avalée rapidement et une fois la monture et le box abandonnés, il reprit la direction de sa maison, avec le désir brûlant de se glisser sous le jet d'eau d'une douche brûlante. Il était d'ailleurs déjà certain de trouver dans son frigo un plat déposé par sa mère la veille lorsqu'elle était venue partager le repas de son fils. Les Johnson semblaient croire qu'il finirait par mourir de faim si on ne prenait pas soin de lui et qu'on ne lui remplissait pas son frigidaire de mets divers et variés, alors qu'il avait parfaitement les moyens d'assumer une famille... fictive. Bianca était partie avec tous ces rêves, elle les avait froissés comme s'ils n'avaient jamais existé. Et les quelques liaisons qu'il pouvait clamer avoir eu dans sa vie, ne compenserait jamais l'alliance qu'il portait toujours à son annulaire malgré la disparition flagrante de son épouse. Puisque sa maison ne contenait pas même son spectre, ou la moindre photo.

Tout du moins, c'était le cas jusqu'à ce matin, puisque après s'être engagé dans l'allée, coupé le moteur, extirpé du véhicule, son regard lui fit penser qu'il avait peut-être trop pris le soleil ce jour-là, ou que Skylar était parvenu à ses fins et qu'il était complètement fou à présent. Bianca. Le cœur s'agita. Frappa. Malmena ce torse, venant obscurcir l'audition de celui qui laissa son regard se plisser face à cette silhouette qui semblait l'attendre sur les marches de son porche depuis quelques temps déjà. Elle était là, de retour à Cody, pour... Il aurait pu avoir le cran de sourire un instant, s'il n'avait pas douloureusement conscience que si elle était revenu, c'était pour ces maudits papiers, et que l'emmerdeuse prétendument amnésique qui ne l'avait jamais été -quelle surprise !- lui avait fait la commission, et que Bianca désirait vraiment ce divorce. Celle face à laquelle il était incapable de rester insensible, provoquant en lui des sentiments si contraires qu'il aurait pu être cette girouette sur le toit d'une église. L'envie de ses lèvres, de son corps tout entier qui aurait besoin de s'abreuver tel un alcoolique en manque. Le soupir blasé du type qui sait pourquoi elle est là. La rancœur du petit ami, de l'abandonné qui n'a jamais compris. La colère de celui qui désirait des réponses. La jalousie du mari dont l'alliance à l'annulaire le brûlait presque à cette seconde.

« C'est Juliet qui m'a donné ton adresse. » s'exclama-t-elle en se levant prestement, tandis qu'il réalisait qu'il s'était figé à sa vue. Il n'aurait jamais pensé qu'elle serait revenue, pas 10 ans après, même pour en épouser un autre. Elle avait fui, alors pourquoi... « C'est une jolie maison. » C'était vrai, sa maison, elle ne l'avait pas connue, elle était partie avant qu'il ait terminé ses études, avant qu'il devienne un rangers, avant. Son regard dévia vers la bâtisse dont il était si fier, son chez-lui, son véritable point d'ancrage matériel à Cody. « Je ne te dérangerai pas longtemps. » reprit-elle, le laissant braquer des prunelles chargées d'une colère si neuve et pourtant inconditionnelle qu'il ne destinait qu'à elle. « Pas longtemps, Bianca ? C'est vrai que tu sais te volatiliser en un claquement de doigts avec facilité. » répliqua-t-il avec ironie. Lui n'avait aucun plan de bonne conduite, juste cette franchise dont il s'était détaché à la fin de leur histoire en se terrant dans le silence. Il s'approchait d'un pas vif, brisant la distance entre leurs deux corps, son palpitant hurlant sa présence à l'intérieur de son poitrail. « Tu crois qu'il te suffit d'apparaître comme une fleur dix ans plus tard pour obtenir une signature en bas d'un papier ? Tu diras à ton petit ami qu'il ne te passera pas la bague au doigt de si tôt. » Présente-le moi que je lui colle mon poing dans sa petite gueule parfaite. Il la fixait de son regard coléreux, presque menaçant au fond. Elle... qui n'avait jamais donné la moindre nouvelle. Elle... qui n'avait pas cru en eux, faisant de lui l'idiot de l'histoire.

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MessageSujet: Re: Well we were good, when we were good (Abe)   Sam 5 Mar - 3:13



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Am I the greatest bastard that you know ?
The only one who let you go ?
The one you hurt so much you cannot bear ?

Dix ans. L'ampleur du temps qui s'était écoulé la frappa de plein fouet alors que ses yeux détaillaient le visage d'Adriel, à la fois identique et si différent de celui qu'elle avait connu. Elle avait épousé un jeune homme, un nouvel adulte avec des projets plein la tête et les yeux les plus doux qu'elle n'avait jamais connu, du moins lorsqu'ils étaient posés sur elle. C'était cet Adriel qui la visitait dans ses rêves et venait la hanter lorsqu'elle fermait les yeux, ce souvenir du jeune homme de 22 ans qu'il était autrefois qu'elle imaginait tenir la main de chaque bambin qu'elle croisait dans les rues de Salt Lake City.  La version qui se tenait devant elle était tellement plus... homme, tellement plus imposante, qu'il lui sembla un instant qu'elle se tenait face à un inconnu. Brûlait pourtant au creux de son ventre la conviction qu'en dépit du temps écoulé et des années qu'ils avaient tous les deux pris à distance, les mains d'Adriel épouseraient toujours aussi parfaitement la courbe de ses hanches. Que ses mèches foncées glisseraient entre les doigts de Bianca avec la même fluidité et que ses lèvres, si elles se posaient sur les siennes, auraient conservé cette même sensation qui agissait autrefois sur Bianca comme la pire des addictions. Elle se reprocha cette réflexion qui la détournait de la raison de sa visite, mais il fallu attendre que ses yeux se posent dans ceux de son mari pour que toute la colère qu'ils contenaient ne la ramènent à la réalité. Parce que c'était bien ce qui flambait dans le regard d'Adriel, une colère non voilée qui força instinctivement Bianca à se retrancher derrière la froideur qu'elle utilisait aujourd'hui comme arme de défense. Il l'avait connu passionnée et enflammée, mais les années lui avaient enseigné à la dure que la passion n'était pas une alliée fiable. Que la passion faisait réfléchir illogiquement, qu'elle rendait aveugle à ce qui se déroulait parfois juste sous notre nez, à la vue et au su de tous.

« Pas longtemps, Bianca ? C'est vrai que tu sais te volatiliser en un claquement de doigts avec facilité. » Elle serra les dents, irritée par la rapidité avec laquelle il osait lui reprocher un départ qu'il avait lui-même provoqué. Lui et ses cachoteries, ses secrets et son inaptitude à tenir toutes les belles promesses qu'il lui avait faites. Incapable d'esquisser un mouvement, elle garda son regard fixé dans le sien alors qu'il approchait, son corps irradiant de toute la colère qu'il n'essayait visiblement même pas de contenir. « Tu crois qu'il te suffit d'apparaître comme une fleur dix ans plus tard pour obtenir une signature en bas d'un papier ? Tu diras à ton petit ami qu'il ne te passera pas la bague au doigt de si tôt. » Piquée au vif, elle se redressa davantage, affichant la position fière qui lui avait mérité tant les compliments de sa famille que les regards septiques de sa belle-famille. « Je ne dirai rien du tout à qui que ce soit. » Répliqua-t-elle de son ton le plus sec, sans chercher à corroborer ou pas l'existence d'un prétendu petit-ami. Quel droit avait-il d'être informé de sa vie amoureuse actuelle, alors que lui n'avait pas hésité à tenir la sienne secrète pendant leur courte vie commune ? « J'aurais cru que tu serais emballé de pouvoir officiellement retrouver ta liberté. À moins que le coup de l'homme marié soit toujours ce qui fonctionne le mieux pour toi ? » ajouta-t-elle, le ton glacial mais le regard brûlant, alors que la rage dans les yeux d'Adriel aurait dû suffire à la tétaniser. Elle réalisa trop tard que ses paroles étaient allées plus loin que ce qu'elle s'était autorisé et sa mâchoire se crispa sous la colère. Malgré sa préparation, malgré les phrases qu'elle s'était maintes fois répétées et les mensonges qu'elle avait servi à sa sœur, la douleur était toujours là, brûlante et palpable au creux de son ventre. Elle lui en voulait toujours autant d'avoir bafoué ce qu'ils avaient, et s'en voulait presque autant à elle-même d'en être encore si affectée après tant d'années. C'était exactement pour cela qu'elle avait souhaité divorcer : parce qu'il s'agissait de la dernière chance à sa disposition de couper définitivement le lien et de tourner la page.

Elle sembla retrouver son calme quelques secondes à peine après que la phrase lui eut échappé et ce fut elle qui recula, remettant ainsi une certaine distance entre Adriel et elle. Elle souhaitait qu'il garde ses distances presque autant qu'elle crevait de se coller à lui, de glisser ses bras autour de son torse et d'enfouir son nez dans le creux de son cou pendant des heures, des semaines si nécessaires, pour effacer de leur mémoire le vide des dix dernières années. « Écoute Adriel, je ne suis pas venue chercher la guerre. » tenta-t-elle en détournant les yeux pour les poser sur la maison. Son ton était aussi calme qu'elle en était capable, mais il était teinté d'une lassitude qu'elle n'était pas en mesure de camoufler. « On peut sans doute discuter de tout ça comme des adultes, non ? » C'est Thomas Wagner qui aurait été fier de sa fille, pensa-t-elle avec amertume. Voilà qu'elle était enfin aussi calme et raisonnée qu'il avait désespérément voulu qu'elle soit, une décennie auparavant.
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