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 a window to the past, (dante)

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MessageSujet: a window to the past, (dante)   Sam 25 Mar - 16:18




 
{ dante and hayley. }
 « Tristesse, j'ai bâti ta maison, et les arbres mélangent leur jaspure aux taches de tes marbres, Tristesse, j'ai bâti ton palais vert et noir où l'if du deuil s'allie aux myrtes de l'espoir. »  - Henri de Régnier

Un soleil aux couleurs du sang venait transpercer les collines, aube nouvelle profanée par les perspectives tristes de cette future journée. Reconnaissante face au spectacle de la nature qui s'éveillait, douceur printanière qui venait effleurer ses joues tandis qu'elle buvait son thé sur sa terrasse. Une nuit blanche aux pensées bien noires, sommeil perturbé par des cogitations qui venaient la hanter une fois l'astre solaire couché. La présence de James lui manquait, n'aimant pas particulièrement dormir seule. Evie passait le weekend avec son père et l'enseignante se retrouvait seule dans une maison encore en travaux. Matinale, elle quitta son extérieur pour aller se réveiller sous une douche brûlante. Une journée qu'elle avait décidé de consacrer à son meilleur ami. Elle s'habilla rapidement, optant pour une robe courte noire, un gilet long en maille de la même teinte et des sandales à talons. Nul besoin de peintures, naturelle, la belle brossa alors sa chevelure et quitta la salle de bain pour retrouver le salon en bordel. L'horloge indiquait dix heure du matin, ce qui était un peu trop tôt pour rendre visite à Dante. Propriétaire d'un bar qui vivait la nuit, le noctambule devait avoir besoin de sommeil. Aujourd'hui elle avait décidé qu'il était temps de faire du tri dans les affaires de Gillian. Il avait besoin d'avancer et d'arrêter de s'enfermer avec les fantômes du passé. Elle culpabilisa même de ne pas avoir pris cette décision plus tôt tandis qu'elle quittait sa maison pour se rendre à pieds chez le trentenaire. Ils vivaient dans le même quartier, ce qui était un avantage non négligeable. Il avait été là pour elle pendant sa grossesse, quand sa maison tombait en ruine et qu'elle avait besoin de muscles pour consolider ses murs. Elle ne pouvait pas demander ça à James, le couple ne vivait pas ensemble et ils traversaient une sale période qui semblait vouloir s'éterniser. Une situation qui peinait énormément l'institutrice, sourire de façade à longueur de journée, s'accrochant à un amour qui semblait ne pas résister aux affres du temps.

Le soleil régnait fièrement, marchant d'un pas tranquille jusqu'au chalet du veuf. Les oiseaux chantaient un printemps longtemps attendu, observant les gamins du quartier s'amuser dans l'insouciance des lendemains. Elle aimerait tellement revenir à cette innocence, loin des responsabilités d'adultes. La bâtisse du beau brun se dessina alors sous ses yeux, amoureuse de cette maison qu'il avait bâti de ses propres mains. Elle s'arrêta même quelques instants pour l'observer, admirant la beauté du bois et l'architecture parfaitement bien travaillée. Une pointe de jalousie et d'envie vinrent la piquer un instant tandis qu'elle s'offrait le temps pour une cigarette. Fumeuse occasionnelle, il lui arrivait de céder à la nicotine quand elle était seule. Un moyen de décompresser et de se détendre quand elle n'avait pas à remplir son rôle de mère. Elle culpabilisa un instant, se trouvant égoïste tandis qu'elle recrachait un nuage opaque. Elle prit une profonde inspiration, ne sachant pas comment Dante allait accueillir la tempête Hayley et son idée de rangement synonyme de changement. Le mégot écrasé sous son talon, elle le récupéra pour le jeter dans une poubelle et se présenta devant la porte de son meilleur ami pour y toquer une fois les aiguilles de sa montre stoppées sur le onze.

Lorsque la porte s'ouvrit sur l'apparence ténébreuse du brun, elle s'approcha aussitôt pour se hisser jusqu'à sa joue et l'embrasser. Une caresse furtive sur son visage et elle entra accompagnée d'un vent de bonne humeur et de douceur. « Aujourd'hui je viens t'aider à faire un peu de tri là où tu sais. » S'exclama la brune en posant son sac à main dans l'entrée. Les mains sur les hanches, face à lui, elle ne lui laissait pas vraiment le choix. « Comme tu vois, il fait super beau dehors et il est temps qu'on te bouscule un peu et qu'on laisse entrer un peu de clarté ici. Si tu te montres coopératif, on ira peut-être déjeuner après. » Déterminée, elle y allait au culot sachant pertinemment qu'elle pouvait heurter le brun et risquer l'engueulade. Mais elle ne pouvait plus supporter de le voir s'enfermer dans ce deuil qui n'arrêtait pas de le ronger. Cela allait être difficile, mais elle l'aimait suffisamment pour prendre le risque de se disputer avec lui.    

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MessageSujet: Re: a window to the past, (dante)   Dim 26 Mar - 0:59

Le bruit de son réveil résonne dans la pièce et dans un geste démotivé, il cherche l’objet dérangeant, pose sa main dessus pour chercher à tâtons le bouton d’arrêt temporaire. L’alarme arrêtée, il se tourne sur le côté, attrape l’oreiller qu’il plaque sur son visage, comme pour l’aider à se rendormir plus vite, se cacher de cette réalité qu’il n’aime pas. Eviter une nouvelle journée qui commence. Les jours se ressemblent tous à ses yeux, depuis quatre ans, depuis la mort de Gillian. Il se lève pour survivre, n’a plus aucun projet, puisque sa vie s’est arrêtée en même temps que le souffle de sa compagne. Il a bien conscience de faire n’importe quoi souvent, mais il ne cherche pas à changer le cours des choses, ni ce que lui fait faire sa peine. Coucher avec les femmes qui passent, qui ne cessent de croire qu’elles pourraient arranger quelque chose en lui, mettre un terme à toute cette noirceur. Le réparer. C’est son truc, à Dante. Il ne donne cependant aucun espoir à ces corps qu’il goûte, culpabilise le lendemain, dès que la raison refait surface. C’est comme s’il trompait Gillian à chaque fois, comme s’il était incapable de lui être loyal. Pourtant, c’est le cas. Depuis son décès, il s’est arrêté de vivre, de regarder les femmes avec intérêt. Il s’en sert uniquement pour son plaisir personnel, sans les trouver belle, à son goût. Ce sont des objets qu’il traite mal, sans le mériter, et qui parfois en redemandent. Elles aiment avoir en face d’elles l’homme qu’il est devenu. Le passionné, celui qui les plaque contre un mur, qui les embrasse avec rage. Celui qui a le cœur meurtri, les larmes qui pleurent dans son for intérieur, sa voix qui hurle, mais qui se tait face aux autres. Dante garde tout pour lui, habitué du silence, de la douleur sur laquelle il n’a jamais su poser un seul mot.

L’alarme le dérange une nouvelle fois et c’est dans un gémissement rageur qu’il se redresse dans le lit. Il tire sur le réveil, arrache le fil de sa prise et jette l’appareil dans un coin de la pièce, avant de se lever et se diriger, tel un automate qui doit accomplir son rituel de la journée, dans la salle de bain. L’eau brûlante roule sur sa peau pendant trente minutes, peut-être quelques minutes supplémentaires même. C’est probablement ce qu’il préfère le plus, alors il prend son temps. Dante se lave de tous ses maux, même si ce n’est pas suffisant. L’homme s’habille ensuite d’un pantalon noir, d’un t-shirt gris, qui lui colle à la peau, qui ne la fait pas respirer : il déteste les manches trop larges. Et alors qu’il s’attarde dans le salon, visualisant chaque bouteille dans la pièce, vidée la veille et il y a deux jours, trois, quatre même, quelqu’un frappe à la porte. Ca fait bien longtemps qu’il a cessé de vouloir rendre l’endroit présentable, mais les bouteilles, il aime tout de même ne pas les avoir en visuel. Qu’on le considère comme un alcoolique, qu’on s’inquiète au sujet de sa consommation, ça lui déplaît. Dante les attrape une à une et les jette dans la poubelle qui se remplie au fur et à mesure. L’alcool, une échappatoire. Se noyer dans l’ivresse, c’est tellement plus facile que d’avancer.

Doucement, il ouvre la porte, puis en grand dès lors qu’il fait face à sa meilleure amie, bien qu’avec ce qu’elle lui dit, Dante se demande s’il n’aurait pas dû attendre avant de l’accueillir les bras ouverts. « Tu es bien gentille, tu vas rester là où tu es. » La porte étant fermée, elle ne peut y accéder. Pas sans son accord. Cette pièce, il y tient comme à la prunelle de ses yeux. « Hayley. Tu tiens vraiment à ce qu’on se dispute maintenant ? Je suis pas d’humeur à jouer. » dit-il, en se dirigeant vers le comptoir. Il en sort une bière qu’il décapsule. Boire, la première chose qu’il fait, alors qu’il n’en avait pas spécialement envie. « Au lieu de vouloir me sauver, pense à te sauver toi-même avant tout. Comment va James ? » Elle souhaite jouer sur un terrain houleux ? Lui aussi est très fort. Il n'empêche qu'il ne sait pas ce qu'elle fiche avec cet homme. Il n'a pas l'air de voir qu'il a en face de lui quelqu'un qui mérite bien plus que ce qu'il ose lui donner.
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MessageSujet: Re: a window to the past, (dante)   Dim 26 Mar - 15:45




 
{ dante and hayley. }
 « Tristesse, j'ai bâti ta maison, et les arbres mélangent leur jaspure aux taches de tes marbres, Tristesse, j'ai bâti ton palais vert et noir où l'if du deuil s'allie aux myrtes de l'espoir. »  - Henri de Régnier

Il n'y avait rien de pire que d'assister à la chute d'un être aimé. Le voir naviguer sur le navire fou de la souffrance, perdu sur un océan déchaîné et du sel sur les plaies. Se sentir impuissante face à ça, spectatrice d'une descente infernale vers les abysses profond d'un spleen sépulcral. Hayley vivait bien des peines mais elles n'étaient rien comparé à celles endurées par Dante. L'être qu'il aimait le plus lui avait été arraché, fauché dans la fleur de l'âge. Gillian avait fait un choix, celui de mourir. Une décision que la brune jugeait égoïste, celle-ci ayant entraînée Dante avec elle. Une ombre, un mort en sursis qui se raccrochait péniblement à la vie. Gillian avait choisi la mort, Hayley souhaitait que son meilleur ami opte pour la vie. Elle ne savait pas comment faire pour lui chanter une existence qu'elle subissait elle aussi. Elle n'était pas vraiment un exemple quand il s'agissait de prendre des décisions importantes. Peut-être qu'il était temps pour les deux de se réveiller, de prendre en main leur destin et de ne pas céder à cette fatalité cruelle. Elle ne s'était pas levée aujourd'hui dans l'optique de le blesser, seulement pour l'aider à sortir la tête de l'eau. Pour lui faire comprendre que la vie continuait, qu'il devait s'accrocher et arrêter de culpabiliser. Il se laissait bercer par des alcools qui menaient une danse bacchanale, esclave des bouteilles et de son passé fatal. Le voir se détruire à petit feu était un déchirement, elle n'était pas venue ici pour le juger. Simplement pour le réveiller en commençant par faire un peu de ménage dans cette pièce entachée par le souvenir mortuaire de cet amour arraché.

Elle était entrée, apportant avec elle un vent de bonne humeur qui ne sembla pas vraiment contaminer le ténébreux. Déterminée, elle voulait le mettre devant le fait accompli mais le brun ne semblait pas vouloir céder aux demandes de l'institutrice. « Tu es bien gentille, tu vas rester là où tu es. » Un soupir tandis qu'elle faisait quelques pas dans l'entrée, ne voulant de toute façon rien faire sans l'accord du propriétaire. Il se dirigea alors vers le comptoir pour céder à l'appel de la boisson. Hayley regarda alors sa montre, il n'était même pas midi. « Hayley. Tu tiens vraiment à ce qu’on se dispute maintenant ? Je suis pas d’humeur à jouer. » Silencieuse, elle haussa les épaules comme-ci cela lui était indifférent. Elle se dirigea alors vers une fenêtre pour ouvrir les rideaux afin de laisser entrer un peu de clarté. Si seulement il pouvait s'y baigner au lieu de survivre dans un monde où le jour faisait simplement semblant de se lever. « Au lieu de vouloir me sauver, pense à te sauver toi-même avant tout. Comment va James ? » Touchée. Un sourire de façade qui sonnait triste. Il savait où appuyer parce-que il connaissait ses peines et ses craintes. Il n'était pas homme à se laisser faire et elle s'attendait à subir elle aussi quelques vérités odieuses en retour.

« Ce que je vis n'est en aucun cas comparable à ce que tu traverses. » Souffla alors la protagoniste qui prenait place sur un tabouret face au comptoir. Des yeux qui se noyaient dans ceux du veuf. Un regard qui témoignait aisément des horreurs passées. « James n'est pas le seul responsable, je suis tout aussi coupable que lui. » Finit-elle par avouer en détournant le regard pour observer l'extérieur baigné de soleil. Le couple avait choisi de rester ensemble pour leur fille avant tout. Elle l'aimait encore et s'accrochait certainement à une histoire qui ne méritait pas d'être préservée. « Suis pas venue ici pour te sauver Dante. Y'a que toi qui peut décider de faire un pas aujourd'hui. En commençant par lâcher cette bouteille qui ne t'aide absolument pas et en choisissant de vivre. Gillian a fait un choix et tu es mort avec elle ce jour là. Tu peux me détester pour mes mots, j'en ai rien à foutre. Je veux que tu vives, que tu arrêtes de t'accrocher à cette souffrance parce-que ce n'est pas ce qu'elle aurait souhaité et tu le sais.   » Les larmes lui montaient presque tandis qu'elle continuait sur sa lancée, déterminée à le secouer un peu. « La vie est injuste avec tout le monde. Mais il y a des belles choses qui méritent d'être vécues. Je te demande pas d'effacer son souvenir, juste de commencer à mettre un peu d'ordre. Tu n'as pas besoin de garder cette pièce comme mausolée, t'as pas besoin de tout ça pour continuer à l'aimer. »  Elle essuya une larme, triste de devoir en arriver là. Elle allait sans doute s'en prendre une, se faire insulter ou dégager dehors mais elle s'en moquait. Il avait besoin d'un électrochoc et elle était là pour le lui donner. Elle reviendrait demain, après demain et les jours suivant si il le fallait.    

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MessageSujet: Re: a window to the past, (dante)   Lun 27 Mar - 1:22

Une boule se forme au creux de son estomac, le tiraille. Lorsqu’elle agit de la sorte, Dante se tend, sent sa mâchoire se crisper. Parler de Gillian est chose difficile. Mettre des mots sur ce qu’il ressent est impossible. Cette femme est entrée dans sa vie, a pris une place si importante, lui a montré de la lumière où lui ne voyait qu’obscurité. Elle a su apaiser ses cicatrices sur sa peau, celles des cigarettes écrasées par un homme qui a doucement abuser de sa personne. Dès lors qu’elle a disparu, il a cessé de savoir comment faire pour aller « mieux ». La douleur est pesante, omniprésente. Gillian est l’un de ses fantômes du passé qu’il n’a pas envie d’oublier. Elle lui a tant apporté qu’il se sentirait coupable s’il venait à refaire sa vie, à sourire de nouveau et qu’importe qu’elle ait décidé de l’abandonner. Lui, il ne souhaite pas la laisser derrière lui. Très vite, elle échappe au sujet James pour revenir sur celui de la femme qui le hante. Dante se noie dans l’alcool, buvant une longue gorgée de sa bière, puis repose la bouteille en face de lui, sans pour autant la lâcher des mains. Ses doigts se resserrent sur le verre, tandis que ses yeux se transforment en revolver. Ce qu’elle dit, c’est vrai, mais c’est brutal. Il n’aime pas entendre ça, ne souhaite pas qu’on lui montre un chemin qu’il ne veut pas emprunter. « Qu’est-ce qu’elle aurait souhaité, tu peux me le dire ? Tu ne sais même pas ce qui se passait dans sa tête les dernières semaines. » Personne. Même pas lui. Et c’est probablement le pire… Dante aurait aimé comprendre, voir des signes là où il n’en voyait pas. Il aurait dû se méfier, ce jour où elle a décidé de se taillader les veines, de s’envoler pour ne plus jamais revenir. Il aurait dû être plus présent, lui prouver que les choses pourraient s’arranger, qu’elle pourrait de nouveau se regarder dans un miroir après cette agression. Il lui aurait menti : lui-même peine à le faire. Mais avec ce qu’il a vécu, son expérience, il aurait pu faire bien plus, il en est convaincu. « Alors arrête de croire que tu sais mieux que quiconque ce qu’elle aurait aimé pour moi. Tu ne sais rien. » Rien n’est beau. Tout est moche. La vie, elle est monstrueuse. Il en a vu une belle palette. « Tu devrais t’estimer heureuse que je tienne debout. » S’il peut appeler ça comme ça. Dante fait certaines activités, tient son bar. Il le gère, organise des évènements, parfois. Il vit à sa manière, pour son travail et ne s’autorise pas à être heureux autrement. Son cœur est complètement vide, plein de noirceur. Et peut-être bien qu’il s’aime comme ça, qu’il n’a pas envie de faire d’autres efforts. L’homme abandonne sa boisson et fait le tour du comptoir. Il pose ses mains sur le tabouret sur lequel elle est assise, le tourne, de sorte à se retrouver à quelques centimètres d’elle. Dante pose son index sur ses lèvres, les scellant. « Cette pièce, c’est tout ce qui me reste d’elle. Ce sont des souvenirs, c’est matériel, mais j’en ai besoin. J’ai peur de l’oublier, essaie de le comprendre. Ca m’aide à me rappeler. » dit-il, la gorge nouée, les yeux humides. Il prend sur lui pour ne pas pleurer. Sa meilleure amie est assez sensible pour deux. « Maintenant tais-toi. » Il sait bien qu’elle souhaite son bien, que tout ce qu’elle entreprend n’est pas contre lui, mais il ne veut pas qu’elle se mêle de ses affaires. Ca fait quatre ans, mais Dante n’est toujours pas apte à faire du ménage. Si un jour ça doit se faire, il sait cependant qu’il pourra compter sur Hayley, mais pour le moment, il a besoin de garder un peu de Gillian avec lui. Déjà qu’il n’a plus son odeur près de lui, ni sa chaleur corporelle… Ce qu’elle lui demande, c’est beaucoup trop. « Raconte-moi plutôt comment se passe ta vie avec James, avec ta fille. » dit-il, doucement, en avalant difficilement sa salive. « Tu lui as parlé aujourd’hui ? » ajoute Dante, en retirant son doigt de sa bouche, l’autorisant enfin à parler. Ses yeux ne quittent pas les siens. Il aimerait qu’elle soit bien dans sa vie et une part de lui, la plus sombre, apprécie la douleur qu’elle ressent. Elle est en phase avec la sienne. Ce n’est pas la même, mais il aime son malheur, son sourire inexistant, parfois. Les gens heureux, c’est pénible.
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MessageSujet: Re: a window to the past, (dante)   Lun 27 Mar - 18:45




 
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 « Tristesse, j'ai bâti ta maison, et les arbres mélangent leur jaspure aux taches de tes marbres, Tristesse, j'ai bâti ton palais vert et noir où l'if du deuil s'allie aux myrtes de l'espoir. »  - Henri de Régnier

Fusillée du regard, elle n'en démordait pas pour autant. Elle avait apprit qu'en côtoyant Dante, mieux valait parfois le brusquer pour obtenir quelque-chose de lui. Aujourd'hui elle y allait peut-être un peu fort en parlant au nom de Gillian. Elle ne pouvait que se mettre à sa place, n'ayant jamais rien vécu de tel. « Qu’est-ce qu’elle aurait souhaité, tu peux me le dire ? Tu ne sais même pas ce qui se passait dans sa tête les dernières semaines. » Silencieuse, elle écoutait avec peine les mots du veuf. Il n'avait pas tord, elle ne savait rien. Mais elle avait en face d'elle quelqu'un qu'elle pouvait aider à défaut d'avoir pu tendre une main à Gillian. Les deux femmes n'avaient jamais été très proches, mais elles avaient une chose en commun : Dante. « Alors arrête de croire que tu sais mieux que quiconque ce qu’elle aurait aimé pour moi. Tu ne sais rien. » Elle baissa les yeux, triste et ne sachant pas quoi dire ou faire de plus pour qu'il se réveille. Cela devait venir de lui, elle ne pouvait pas le pousser plus que ça, juste être présente et l'écouter. « Je sais qu'elle t'aimait et parfois quand on aime une personne le plus difficile c'est de la laisser s'en aller ... » Parlait-elle pour lui ou pour sa relation avec James ? Peut-être les deux. Elle releva alors son regard vers lui, désabusée et ne sachant plus comment argumenter pour lui donner à nouveau envie d'aimer. « Tu devrais t’estimer heureuse que je tienne debout. » Hayley eut soudain une envie de le gifler. Comment pouvait-il dire ça ? L'espace d'un instant, elle s'imagina vivre sans lui et ce fût comme un coup de poignard en plein cœur. Elle voulait rétorquer violemment mais il ne lui laissa pas vraiment le temps. Il contourna le bar pour s'approcher d'elle en faisant pivoter son siège. Il était si proche qu'elle pouvait sentir son parfum, celui-ci venant posant son index sur ses lèvres rosées pour lui couper la parole tandis qu'elle apprêtait à protester. « Cette pièce, c’est tout ce qui me reste d’elle. Ce sont des souvenirs, c’est matériel, mais j’en ai besoin. J’ai peur de l’oublier, essaie de le comprendre. Ca m’aide à me rappeler. » Elle le regardait, sans parler, juste présente pour l'écouter. Elle n'était pas vraiment d'accord, le trentenaire s'enfermant plutôt dans des souvenirs qui ne l'aidait pas à avancer. Elle ouvrit alors la bouche, mais Dante fût encore une nouvelle fois plus rapide. « Maintenant tais-toi. » Son regard trahissait ses émotions, se rendant compte qu'elle était peut-être allée un peu loin aujourd'hui. Un jour il serait prêt et elle serait là. Elle espérait que malgré l'échec de cette tentative, cela allait lui donner matière à réfléchir sur son avenir.

« Raconte-moi plutôt comment se passe ta vie avec James, avec ta fille. » Hayley n'avait pas vraiment envie d'en parler parce-que il n'y avait absolument rien à raconter. Sa vie sentimentale était inexistante. Sa fille venait combler ce vide et lui donnait d'immenses joies, mais l'absence d'un homme à ses côtés semblait lui peser chaque jours un peu plus. « Tu lui as parlé aujourd'hui ?»  Libérée de l'index de son ami, elle poussa alors un soupir en s'amusant à pivoter sur son tabouret. « T'es fort pour changer de sujet. Mais vas pas croire que tu as gagné. » C'était donc à son tour de raconter ses malheurs ? Des problèmes si futiles comparé à ceux endurés par le brun. Elle haussa les épaules, blasée tandis qu'elle retirait son gilet et détachait ses cheveux. « Il va me falloir une bière aussi. » Un demi sourire se dessina sur ses lippes tandis qu'elle jetait un coup d’œil à l'extérieur. « Evie va bien. Elle passe quelques jours chez son père donc ça me laisse un peu de temps pour moi. Je ne sais pas trop quoi te dire sur ma relation avec James. Parfois on passe des soirées sympas, mais ça s'arrête là. On vit pas ensemble, on fait plus l'amour mais on continue d'élever notre fille à deux. Le couple parfait. Suis même pas certaine qu'il m'aime encore. » Blasée, elle ne voyait pas quoi rajouter. Ils étaient ensemble depuis le lycée, le premier homme qu'elle avait aimé. Séparés par la guerre, le temps avait bousillé ce couple et aujourd'hui elle s'accrochait à des miettes du passé. « Je devrais peut-être faire un relooking pour raviver la flamme ? » Amusée, elle préférait en rire plutôt que d'assumer le récit pathétique de sa triste vie sentimentale. L'essentiel c'était que sa fille soit épanouie et qu'elle ne manque de rien. Ses sentiments, c'était secondaire pour le moment.     

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MessageSujet: Re: a window to the past, (dante)   Lun 27 Mar - 22:15

La laisser partir… Ca fait quatre années déjà, mais Dante n’a pas envie de la mettre de côté, de lui donner moins d’importance. C’est trop dur. Ne serait-ce qu’essayer est une douloureuse épreuve à laquelle il ne souhaite pas y penser. Dante se contente de survivre de cette manière et si ça ne convient pas à son entourage, si ses proches, ses amis, s’inquiètent pour lui, il ne compte pas changer de comportement ou relever la tête et sourire pour faire plaisir. Il se montre tel qu’il est, sans toute cette joie autour de lui qui n’existe plus, qu’il ne supporte plus. Un sourire presque invisible se glisse sur son visage à sa remarque, disparaît aussitôt. Il trouvera toujours une astuce de se sortir des situations qui ne lui plaisent pas, parce qu’il a de la gueule, qu’il sait quoi dire, comment se défendre. Ce qu’il ignore, en revanche, c’est comment cacher sa vulnérabilité devant ceux qui l’aime. Si un inconnu venait à lui parler de Gillian, il s’emporterait à coup sûr, montrerait les crocs, mais lorsqu’il s’agit de ceux qui ont une place dans son cœur, les choses sont différentes. Ca le touche, bien plus que de raison. Ses larmes sont à chaque fois au point de rouler sur ses joues et s’il ne prenait pas sur lui, Dante ressemblerait à une véritable fontaine. Autant dire que s’imaginer au plus bas ne lui plait guère. Il préfère son apparence brute. « Je suis très fort à ce jeu. Tu devrais baisser les armes, ce serait mieux pour tout le monde. » Il est tout de même touché par ce qu’elle essaie d’entreprendre, par ce combat dans lequel elle a perdu d’avance, mais qu’elle continue de mener. Tandis qu’elle répond, il se tourne vers le réfrigérateur et en sort une bière. Une Adelscott, bière ambrée, sa préférée. Il la décapsule et glisse la bouteille face à sa meilleure amie. « Tu ne crois pas que cette situation a assez duré ? » Il n’est pas le mieux placé pour faire ce qu’il faut dans sa vie, mais il ne se gêne pas pour dire ce qu’il pense à Hayley sur ce qui se passe dans son quotidien. « Dire que vous restez ensemble pour votre fille est bien facile alors que vous ne vivez plus ensemble. Elle va grandir, elle va comprendre. Evie n’est pas bête. Elle doit bien sentir qu’il y a quelque chose qui cloche. » Elle ne vit déjà pas avec ses parents réunis. Elle se fera rapidement à l’idée qu’ils ne s’aiment plus comme au premier jour, puisqu’elle n’aura connu que ça. Dante hausse les épaules, s’appuie contre le comptoir, observant le tabouret qu’elle s’est amusée à tourner il y a quelques minutes. Elle continue de s’accrocher à lui, alors qu’il la blesse, qu’il ne la regarde plus comme au premier jour. Est-ce que son couple qui bat de l’aile peut être sauvé ? Dante, pessimiste, n’y croit pas tellement. Cependant, il arrive à saisir pourquoi elle s’obstine. Comme elle l’a dit précédemment, c’est difficile de laisser une personne qu’on aime partir, alors il ne peut lui jeter la pierre, puisque lui-même agit de la même façon. « Et toi ? Est-ce que tu l’aimes ? Ou est-ce que tu as peur de l’inconnu ? De repartir de zéro ? » Là encore, il comprend. Repartir de rien, ce n’est pas évident. C’est bien plus facile de rester sur ses acquis, de ne pas tourner la page. Alors qu’il s’approche une nouvelle fois d’elle, bière dans sa main gauche, Dante laisse son autre main se perdre dans sa chevelure et secoue la tête. « Tu es très bien comme ça. Tu es très attirante, je t’assure. » C’est une très belle femme qui n’a pas besoin d’un relooking pour raviver la flamme. S’il ne voit pas ce qu’il a devant lui, c’est qu’il est aveugle. « Tu peux toujours essayer de lui faire plaisir… De la lingerie sous un simple manteau, avec des petits escarpins et tes cheveux lâchés, ça devrait être suffisant pour attirer son attention. » Elle adopte déjà une attitude sexy au naturel, sans même s’en rendre compte. C’est une femme sur laquelle on peut se retourner sans faire d’effort. Elle a un visage lisse, mais qui montre du caractère. Il est piquante à l’état brut, comme une pierre précieuse. « A moins qu’il ait un compas dans l’œil et dans ce cas, je ne peux absolument rien faire pour toi. » dit-il, convaincu que c’est ce qu’il a et ça lui convient au fond. Ca lui fait du bien de ne pas voir cette étincelle qui brille dans ses yeux, qui montre à quel point elle est heureuse. Dante aimerait que tout soit aussi noir que lui et ne ressent aucune culpabilité. « Pourquoi tu n'en profites pas pour tester de nouvelles choses ? » Il voit presque ça comme un avantage, mais n’est pas objectif : Hayley le sait, Dante n’a jamais apprécié James.
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MessageSujet: Re: a window to the past, (dante)   Mar 28 Mar - 17:45




 
{ dante and hayley. }
 « Tristesse, j'ai bâti ta maison, et les arbres mélangent leur jaspure aux taches de tes marbres, Tristesse, j'ai bâti ton palais vert et noir où l'if du deuil s'allie aux myrtes de l'espoir. »  - Henri de Régnier

Elle avait envie de le prendre par la main et de l'entraîner dans les tribulations de la vie. Voir naître sur ses lèvres impie la naissance d'un sourire qui illuminerait ce printemps fraîchement installé. Dante le ténébreux, toujours accompagné de son noir cortège de souffrance, l'existence peinte en noir et blanc. Il y avait même de la beauté dans ce tragique, brisé par la vie mais toujours debout comme il lui avait avoué quelque instants plus tôt. Hayley n'était pas la plus heureuse, mais elle se contentait de petits moments de bonheur que lui offrait sa fille. Malgré la mélancolie qui la caractérisait tant, elle préférait rester optimiste en faisant peut-être parfois preuve de trop de naïveté. « Je suis très fort à ce jeu. Tu devrais baisser les armes, ce serait mieux pour tout le monde. » Mieux pour lui certainement. Il pourrait continuer à se complaire dans ses ténèbres. Hayley n'abandonnerait pas, elle était persuadée qu'elle avait raison et que le brun avait besoin de faire le ménage dans sa vie, au sens littéral et figuré. « Pour aujourd'hui peut-être. » Un sourire pour clore ce sujet houleux. Elle ne pouvait pas le brusquer plus, commençant presque à culpabiliser d'avoir osé parler au nom de sa défunte aimée. Un jour peut-être qu'il se réveillerait avec cet envie de changer. D'aller de l'avant et de réapprendre à exister. C'était tout ce qu'elle souhaitait pour lui, cet homme qu'elle aimait plus qu'elle ne s'aimait elle-même peut-être. Malgré l'adversité, il avait été là pour elle et elle se devait de lui rendre la pareille.

Dante lui offrit une bière, serrant la bouteille fraîche entre ses doigts tout en l'écoutant à son tour lui prodiguer des conseils avisés.  « Tu ne crois pas que cette situation a assez duré ? » Totalement d'accord. C'était une réflexion qu'elle se faisait à elle-même tous les jours. « Dire que vous restez ensemble pour votre fille est bien facile alors que vous ne vivez plus ensemble. Elle va grandir, elle va comprendre. Evie n’est pas bête. Elle doit bien sentir qu’il y a quelque chose qui cloche. » Elle baissa alors le regard tout en pensant à sa petite. Elle avait été conçue dans l'amour même si avoir un enfant n'avait pas été au programme du couple. Habituée à gérer des classes de bambins, être mère se révélait bien plus compliqué qu'elle ne l'aurait pensé. « Pour le moment ça fonctionne parce-que je continue à espérer que la situation va s'améliorer. James est un père génial et quand on se retrouve tous les trois, c'est comme-ci rien n 'avait changé. » Elle laissa couler le liquide ambré dans sa gorge, songeuse à ses mots qui transpiraient cette naïveté qui lui était propre. Elle avait sans doute peur du changement, n'ayant jamais rien connu d'autre. Evie avait ses deux parents et c'était le plus important à ses yeux. « Et toi ? Est-ce que tu l’aimes ? Ou est-ce que tu as peur de l’inconnu ? De repartir de zéro ? » Il mettait enfin le doigt sur le vrai problème. Elle releva son regard chocolat sur lui, laissant un ange passé tandis qu'elle se noyait dans une nouvelle gorgée. « Je sais pas si l'amour rentre dans l'équation quand il s'agit d'élever un enfant. » Souffla-elle en caressant le pourtour du goulot de sa bière, pensive. « Je l'aime encore oui. Mais je n'aime pas ce que je deviens à cause de lui. Le pire c'est d'être dans l'attente, d'être spectatrice de cette fin inéluctable. J'aimerais revenir aux temps d'avant. Du temps où la passion rythmait notre quotidien de jeunes adolescents. » Un sourire triste régnait sur ses lippes rosées, observant le liquide diminuer au fur et à mesure de ses gorgées. « Je n'ai connu que lui. J'ai du mal à m'imaginer tout recommencer oui. Le changement ça fait peur et tu es bien placé pour le savoir. » Des yeux qui retrouvèrent ceux du ténébreux, mélancolique et nostalgique. La vie était malheureusement faite de regrets, de perspectives volées et de rêves tragiques.

Hayley pensait que le problème venait d'elle. Que si elle avait fait plus d'effort pour le séduire, il serait encore là à l'embrasser. Illusion mensongère. « Tu es très bien comme ça. Tu es très attirante, je t’assure. » Elle s'abandonna un instant sous la caresse du trentenaire, appréciant ce contact qu'elle avait oublié. Elle ne se trouvait pas plus attirante qu'une autre, simple et naturelle. « Bof. » Finit-elle par répondre, pas vraiment convaincue de ses charmes. Elle aurait aimé avoir plus de poitrine, être plus grande, tracas de jeunes filles.  «Tu peux toujours essayer de lui faire plaisir… De la lingerie sous un simple manteau, avec des petits escarpins et tes cheveux lâchés, ça devrait être suffisant pour attirer son attention. » Elle souriait, ne s'imaginait pas vraiment oser faire ce genre de choses. Comme-ci c'était pathétique de se retrouver à jouer un rôle pour quémander un peu d'attention. « A moins qu’il ait un compas dans l’œil et dans ce cas, je ne peux absolument rien faire pour toi. » Elle fit alors entendre son rire, secouant doucement la tête en retrouvant sa bière. « Pourquoi tu n'en profites pas pour tester de nouvelles choses ? » Elle y songeait parfois, tard le soir. Aux heures les plus sombres où elle se retrouvait à fixer le plafond. Mais elle n'en avait pas le courage, pas tant que la situation entre eux n'était pas réglé. « Suis peut-être vieux jeu, mais j'ai besoin d'être intime avec un homme pour pouvoir me livrer. Je ne pourrais pas faire ça avec n'importe qui. Puis suis encore trop attachée à lui. J'aurais l'impression de le tromper. » Elle prit une nouvelle gorgée et poussa alors un soupir blasé, la tête posée sur sa main, accoudée sur le comptoir. « Malheureusement c'est souvent ce qui arrive avec les vieilles histoires. Le temps détruit tout. » Elle se leva, s'approchant alors de Dante pour faire tinter sa bouteille contre la sienne et trinquer. « A nos vies de merde et à des lendemains plus heureux. » Un sourire, s'offrant une bonne lampée de bière tandis que son regard retrouvait la beauté du ciel printanier. « Tu veux sortir un peu pour profiter du soleil ? » Cela l'aiderait peut-être à ne pas céder à l'appel d'autres bouteilles. Mieux valait s'aérer après cette discussion que de céder à la dépression. Le temps détruisait tout, mais ils n'en possédaient pas assez suffisamment pour le gaspiller à parler de choses tristes.    

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MessageSujet: Re: a window to the past, (dante)   Mer 29 Mar - 0:59

« C’est comme si… » répète-t-il, insistant bien sur ces mots qui devraient être importants pour elle. Hayley vient de le dire elle-même : ce n’est qu’apparence, pour préserver l’image d’une famille soudée, réunie, mais après ça, il n’y a plus rien. James est un papa à la hauteur, mais en tant que compagnon, c’est différent. Le couple n’est plus ce qu’il était au premier jour. Ce sont des choses qui peuvent arriver… Ils ne sont pas si complémentaires que ça. James n’est peut-être qu’une simple étape dans sa vie avant qu’elle ne rencontre quelqu’un qui saura réellement la faire vibrer. Il n’en sait trop rien. Tout ce qu’il constate, c’est que cet homme la blesse et si ce n’est jouer la famille parfaite aux yeux de sa fille, ne fait absolument rien pour sauver son ménage. C’est bien la preuve qu’il n’en a rien à faire, qu’il ne se préoccupe pas de sa meilleure amie. Elle mérite bien mieux, mais continue dans son optimisme. Le Dante qui voit tout en noir est bien plus négatif qu’elle. Les espoirs, ça ne sert à rien. Quand c’est terminé, il n’y a plus rien à sauver. Il l’a compris à ses dépends lorsque Gillian a mis fin à ses jours, alors qu’il essayait d’être le plus présent. Pas assez, puisque ça n’a pas empêché le pire d’arriver. Au moins, Hayley aura tenté et ne se reprochera rien, contrairement à lui qui se demande sans cesse ce qu’il a pu faire de travers pour ne plus l’avoir à ses côtés et en quatre ans, il n’a toujours pas la réponse exacte à ses interrogations, mais s’ajoute toujours plus de responsabilité. Ca le rend fou. « Je ne te parle pas de ta fille, je te parle de toi, bon sang. Tu vas faire que ça ? La mêler à vos histoires ? C’est qu’une gamine, elle n’a pas besoin de tout ça. » Il a conscience qu’être parent, c’est difficile. Dante lui-même aurait dû mal à savoir comment agir. Sa vie n’a été qu’instabilité… Mais il a eu ses parents pour lui montrer le chemin, même si ces derniers sont décédés lorsqu’il n’était qu’un gamin. « Tu veux me sortir de ma misère, mais tu agis exactement de la même façon. Tu te caches derrière ta fille, comme je me cache derrière mes souvenirs. » C’est plus sécurisant. Cette vie qu’elle mène, elle ne convient peut-être pas à Dante parce qu’il tient énormément à Hayley, mais il arrive à comprendre pourquoi elle le fait. Le changement fait peur. « Je sais. » C’est horrible de voir les choses empirer sans pouvoir y faire quelque chose. « Mais on ne peut pas revenir en arrière. Ton James ne te regardera plus comme avant. La seule raison pour laquelle vous êtes encore en contact, c’est uniquement parce que vous avez votre fille. Cesse donc de croire à des choses qui n’arriveront jamais. » Il est brutal, peut-être un peu trop. Il dit les choses sans filtre, comme ça lui vient. « Hayley. Le jour où tu viendras me voir en m’annonçant que tu as fait ce qu’il fallait, peut-être que je l’ouvrirai cette pièce. » Impulsif, il l’a été et aussitôt, il baisse la tête. Dante n’a absolument aucune envie de tirer un trait sur son passé, de se débarrasser des affaires de Gillian dont la moitié pourrait revenir à sa famille qui serait ravie de récupérer des souvenirs de leur fille, des objets, des écrits, lui rappelant le sourire d’une Gillian qui a été heureuse. Il se rassure en se disant que tout comme lui, Hayley n’est pas prête à avancer, à tourner une page pour en écrire une nouvelle, avec des instants aussi fabuleux que les anciens. Mais c’est un contrat tacite entre eux : une promesse que si elle prend une décision pour elle, pour aller mieux, pour redevenir celle qu’elle aime être, Dante songera à enfoncer la clé dans la serrure pour examiner les cartons.

Bof ? Ce petit mot qui veut tout dire, qui montre ce qu’elle pense d’elle-même, de sa silhouette, de ce corps qu’il trouve pourtant séduisant, de ce visage fin qui donne envie de passer ses doigts dessus, de l’effleurer. Son rire lui donne du baume au cœur, même s’il n’a aucune expression sur son visage, aucun sourire pour le lui faire savoir. « Pas toujours. » dit-il, en comparant la bière d’Hayley dont le liquide a bien diminué, contrairement à la sienne. C’en est presque surprenant. « Mes parents s’aimaient très fort. Ca faisait plus de vingt ans qu’ils étaient ensemble. » Et il est convaincu qu’ils seraient encore ensemble. La gorge nouée, l’estomac en vrac, il tourne la tête vers la fenêtre où les rayons du soleil passent depuis qu’elle a ouvert les rideaux. Il est de nuit, supporte de moins en moins le jour et le beau temps ne lui fait pas envie, alors pour éviter ça, il attrape sa main et l’incite à se lever. « Fais semblant. Sers-toi de moi. Nous sommes assez proches pour qu'il puisse y croire dur comme fer. » Sans explication, il la conduit vers sa chambre où il y a un grand miroir. Lui ne l’utilise pas, ayant du mal à se regarder dans un miroir suite à son passif douloureux, mais Gillian passait devant tous les jours. Parfois même, ça durait des heures, le temps de trouver la bonne tenue. Il ouvre un côté de l’armoire qu’il n’a pas ouvert depuis des années : le sien, à elle et la vue des chaussures lui rappellent à quel point elle pouvait les perdre. Il prend son courage à deux mains, effleure du bout des doigts les robes qu’il bouscule, jusqu’à s’arrêter sur une. Une noire, avec de la transparence à certains endroits, qui tient bien sur les formes, mais ce qu’il a toujours apprécié, c’est qu’elle mettait en avant ses jambes. « Tu dois faire la même taille. » Elle est aussi fine que Gillian l’était. Il la sort, la pose sur le lit, le cœur lourd. Jamais personne n’a utilisé les affaires de sa compagne défunte et il ne lui serait jamais venu à l’idée de prêter une tenue comme il vient de le faire. Il faut vraiment qu’il apprécie Hayley pour agir de la sorte et c’est le cas. « Tu parlais de raviver la flamme. » Dante pose ses mains sur les épaules de sa meilleure amie et l’oblige à se tenir face au grand miroir. « Tu n’as rien à envier à personne. Fais-lui regretter ce qu’il te fait subir. Montre-lui ce qu’il ne voit plus. » Qu’elle se fasse plaisir, par la même occasion. « Essaie-la. » dit-il, en déposant un baiser sur sa tempe, tout en glissant ses mains le long de ses bras.
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